Pourquoi j'ai laissé une IA m'aider à choisir mes priorités
Déléguer la priorisation à une IA, ça m'a pris du temps à assumer — voilà pourquoi j'ai fini par le faire.
Je gère plusieurs projets en parallèle. FlySmart, Skinalyze, Tifo, Plotline, Stellara, CSVtoPPT, Clippeak. Chacun a sa liste de tâches, ses décisions en attente, ses "ça urge mais pas vraiment". Et moi, un seul cerveau, disponible le soir et le week-end.
Pendant longtemps, j'ai priorisé à l'instinct. Ce qui me pesait le plus, ce qui me semblait bloquant, ce qui m'enthousiasmait ce soir-là. C'est humain. C'est aussi une façon assez efficace de faire des choses, mais pas forcément les bonnes.
Le vrai problème
Ce n'est pas que je choisissais mal. C'est que je choisissais sans critères. Je ne savais pas vraiment pourquoi je travaillais sur Tifo ce soir plutôt que sur FlySmart. J'avais une intuition, mais pas une raison.
Le résultat : des sessions productives mais pas toujours cohérentes avec là où j'en suis sur chaque projet. Du code écrit alors que la vraie priorité était une décision de positionnement. Du polish sur une landing alors que la collecte de données n'avait pas encore démarré.
Ce que j'ai essayé
J'ai commencé à utiliser une IA pour m'aider à structurer mes arbitrages de session. Pas pour décider à ma place — je tiens à cette nuance — mais pour forcer une conversation que j'aurais sinon eue avec moi-même, en moins rigoureux.
Le fonctionnement est simple : je lui donne l'état de chaque projet (ce qui est en cours, ce qui est bloqué, ce qui est incertain), j'indique mes contraintes du moment (temps dispo, énergie, ce que je veux éviter ce soir), et je lui demande de me poser les bonnes questions.
Pas "fais ma to-do". Plutôt "aide-moi à voir ce que je suis en train d'éviter et pourquoi".
Ce que ça change concrètement
Deux choses.
La première : ça externalise la charge de la méta-décision. Décider quoi faire, c'est déjà de l'énergie. Quand je l'ai dépensée avant même d'ouvrir mon éditeur, il m'en reste moins pour le travail lui-même. Confier cette étape à un échange structuré me décharge.
La deuxième : ça me force à articuler où j'en suis vraiment. On ne peut pas donner du contexte flou à une IA et en tirer quelque chose d'utile. Pour lui expliquer l'état de FlySmart ce soir — premier jalon de données dans quelques jours, landing retravaillée, rien à coder mais beaucoup à préparer — je dois d'abord l'avoir formulé clairement pour moi. C'est souvent là que la priorisation se fait.
Ce que ça ne remplace pas
La décision reste la mienne. L'IA ne connaît pas mon énergie réelle du moment, mes angoisses de fond sur tel projet, ce que j'ai envie de construire sur le long terme. Elle peut me proposer un ordre logique. Elle ne peut pas savoir que ce soir j'ai besoin d'une victoire rapide plutôt que d'une session de fond.
C'est une boussole, pas un GPS. Elle me dit dans quelle direction regarder, mais c'est moi qui décide de marcher.
Est-ce que ça devrait m'embarrasser de l'admettre ? Peut-être un peu, d'après la version de moi d'il y a deux ans qui pensait que "bien travailler" voulait dire tout tenir dans sa tête. Aujourd'hui, je prends ce qui m'aide à avancer de façon moins chaotique. L'IA en fait partie.